eyeteck-drones-bourges-derapages
Drones du futur

Le drone est un outil formidable, mais reste sujet à de nombreuses controverses. Qu’il s’agisse de surveillance abusive (notamment au travail), d’intrusion ou de scénario catastrophe : la technologie du drone ne laisse pas indifférent. Les débats fusent sur le bien fondé de telle ou telle utilisation du drone, côtoyant à maintes reprises les frontières de la déontologie.

Les drones comme outils de surveillance

Si nous avons déjà évoqué les cas des drones dédiés aux services de surveillance, nous avons jusque là passé sous silence les abus possibles de l’outil drone.

  • Japon – bourreaux de travail, rentrez chez vous !

Il y a quelques mois, on apprenait l’arrivée de drones de surveillance dans les bureaux japonais. Avec pour but de préserver les employés de maladies du travail comme le burnout, le drone T-Frend parcourt les locaux pour pousser les employés trop présents à quitter leur poste. Autonome, il arpente les espaces de travail en faisant retentir l’air mondialement connu de Ce n’est qu’un au revoir – signifiant aux salariés qu’ils doivent rentrer chez eux au plus vite.

  • USA – les cheminots surveillés

Dans la foulée, ce sont les cheminots américains qui ont été surveillés via un drone. Aujourd’hui, on compte plus de 200 employés qualifiés pour exploiter les images des drones et rappeler les travailleurs à l’ordre en direct. Le but ? Superviser l’efficacité des travailleurs de l’Union Pacific et le respect des normes de sécurité. C’est ce dernier argument qui fait valoir l’initiative comme louable auprès des acteurs du réseau ferroviaire américain.

De ces deux “faits divers” internationaux découlent plusieurs questions morales. Dans le premier cas, l’urgence est sanitaire, puisqu’un japonais sur cinq risque la mort au travail du fait de ce présentéisme. Il est donc plus difficile de juger des libertés individuelles dans un contexte culturel et social si spécifique au Japon.

Dans le second cas, il est plus facile de se prononcer puisqu’on peut facilement imaginer un cas similaire en France. Que feraient nos cheminots de la SNCF si chaque manquement au règlement (de sécurité ou des horaires) était surveillé, voire sanctionné ? Plus généralement, cette surveillance au travail, confiée à d’autres employés en retrait, serait globalement inimaginable pour l’heure.

Dérapage des drones : vous avez dit inimaginable ?

Scénariser les pires déviances des drones, c’est ce qu’est amusé à faire le collectif Slaughterbots (vidéo ci-dessous), afin de prévenir les dérives des intelligences artificielles, arguant que “Cela ne se produira pas tant que l’humain ne laisse pas faire“.  Les amateurs de ce scénario ajouteront volontiers l’exemple rendu canonique par la série d’anticipation britannique Black Mirror. Plusieurs épisodes sont dédiés à ces peurs ; nous penserons particulièrement à l’épisode Hated in the Nation (Haine virtuelle), dépeignant des drones-abeilles tuant mystérieusement leurs cibles.


Ces cas extrêmes de “dérapage” ne sont certes pas à écarter, mais si cette peur constante de voir l’intelligence artificielle (des drones) surpasser celle de l’homme était inhérente à l’évolution de la technologie ? En effet, on pourrait aisément opposer l’argument d’une crainte vieille comme l’humanité. Ainsi on pourra par exemple lire en réaction à ces articles que :

“Nous avons eu peur des épées, des catapultes, des armes à feu, des canons. Puis des bombes nucléaires. Nous aurons toujours peur de la nouveauté.”

 

Car, finalement, la machine ne fait qu’exécuter ce que lui a commandité l’homme en amont…

Laissez un commentaire

Your email address will not be published.